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École
Toute une série de lois relatives aux écoles furent adoptées au Haut-Canada dans les années 1840 et 1850, en vue de créer un régime d'enseignement dans l'ensemble de la province. Le révérend Egerton Ryerson, un ecclésiastique méthodiste, a été le moteur du progrès pendant les trois décennies qui ont précédé la Confédération; il croyait en un système d'état qui offrirait la formation de base à tous les jeunes, sans frais de scolarité. En tant que surintendant de l'éducation de la province, il a fondé des sections scolaires à l'échelon local avec des commissaires d'école élus dans le but de construire des édifices et d'embaucher des professeurs, et de percevoir les taxes locales nécessaires comme supplément aux subventions gouvernementales de la province. Un surintendant local, embauché par les commissaires, surveillait et rendait compte de l'efficacité de l'institutrice (ou de l'instituteur), du respect du curriculum et de l'utilisation de manuels autorisés.
La plupart des jeunes fréquentaient l'école pendant au moins six ans ou plus et la quittaient après avoir appris à lire et à compter, et avoir acquis quelques rudiments de science et d'histoire, de même que les principes chrétiens les plus importants de moralité et de bonne conduite. Les enfants brillants dont les parents en avaient les moyens, à un moment donné, continuaient leur éducation à l'école secondaire qui préparait les jeunes hommes à poursuivre leur éducation ou leur formation dans les professions de droit, de médecine, ou de l'Église. Les jeunes filles de familles fortunées fréquentaient souvent les écoles privées pour jeunes dames qui se spécialisaient dans les humanités et les bons usages de la vie sociale.
Dans les écoles publiques locales, cependant, on mettait l'accent sur l'apprentissage par coeur d'un ensemble de connaissances que l'élève devait maîtriser ou mémoriser afin de réussir les examens oraux dirigés par le surintendant local. La menace de punition corporelle ou l'utilisation de la culpabilité ou de l'humiliation publique renforçait la discipline.
En général, les écoles étaient des endroits peu confortables, chauffés par des poêles à bois, mal éclairés, avec peu de livres ou de fournitures. Une grande partie des travaux quotidiens était faite sur des ardoises. Les notes permanentes étaient retranscrites dans des cahiers de devoirs fournis par les élèves, comme l'étaient toutes les autres fournitures d'école personnelles.
La qualité de l'éducation des écoles publiques variait grandement selon la compétence des instituteurs concernés mais, dans les décennies précédant la Confédération, la profession allait connaître des améliorations progressives grâce à la variété et au nombre de manuels publiés, à la normalisation des textes vers le milieu du siècle et aux programmes d'études offerts aux élèves.
Notre école, à Upper Canada Village, est une reconstruction qui se voulait une représentation d'une petite école locale d'autrefois. Elle rappelle l'école décrite par Ralph Connor dans le roman Glengarry School Days. Pour les années 1860, elle est plutôt démodée et les commissaires discutent avec envie des jours où ils pourront se permettre une nouvelle école moderne avec les plus récents agréments et équipements. Ils en auront besoin car, en 1871, la province de l'Ontario décidera de rendre l'école obligatoire pour tous et la fréquentation de l'école augmentera certainement.
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